Madame le Recteur,
Les chefs d’établissement sont très fortement préoccupés par les conditions dans lesquelles s’effectue cette année la préparation de rentrée. Le bureau académique du syndicat Indépendance et Direction, réuni ce jour, me charge de vous faire part des points qui nous semblent poser le plus problème. Nous exprimons le souhait que vous puissiez les aborder et y répondre lors des réunions que vous organisez lundi 18 janvier dans nos deux départements, à l’intention des Chefs d’établissement et de leurs adjoints :
En premier lieu nous regrettons le manque d’informations provenant de votre cabinet ou du secrétariat général sur l’agenda et les échéances des prochaines semaines. Ainsi à ce jour les Principaux des collèges n’ont toujours pas été informés de la date à laquelle leur DHG leur serait communiquée, pas plus que de celle exigée pour le retour de leur proposition de ventilation.
Nous demandons également que nous soit communiquée au plus tôt la carte que vous aurez retenue pour l’implantation des enseignements d’exploration dans les différents lycées. En effet celle-ci est nécessaire, non seulement pour l’information des parents d’élèves, mais aussi pour la préparation de rentrée elle-même. A cet égard, nous vous indiquons notre souhait que l’affectation en lycée des élèves sortant de troisième, qui devra être terminée fin juin (ce qui repose le problème de la date des conseils de classe), prenne en compte les choix qu’auront faits les familles pour ces enseignements.
A propos des délais laissés aux établissements pour préparer leurs propositions de ventilation des moyens, nous nous permettons de vous rappeler combien cet exercice, loin d’être uniquement technique, devrait être un moment fort de la réflexion pédagogique et de la concertation au sein des établissements. Certes vous avez bien voulu, suite à la requête que vous a adressée Monsieur Wach secrétaire général d’iD, déplacer au 26 février la date de cette remontée pour les lycées. Toutefois le maintien de la date du 6 février pour les lycées polyvalents est irréaliste, car cela les obligerait à dissocier la préparation de rentrée pour l’enseignement professionnel de celle de l’enseignement général et technologique, alors que ces établissements fonctionnent avec un seul Conseil d’administration. Concernant enfin les lycées généraux et technologiques, ce délai supplémentaire d’une semaine est à notre avis totalement insuffisant, pour qu’après communication définitive des moyens suite au CTPA du 29 janvier, puissent être organisés des conseils d’enseignement, un conseil pédagogique, une commission permanente et un conseil d’administration, (quand bien même les établissements choisiraient de banaliser une demi-journée pour cet exercice). Cela nous paraît particulièrement regrettable alors que nous devons mettre en place une réforme ambitieuse, censée faire appel à une large autonomie des établissements. Peut-on réellement estimer qu’en si peu de temps, les communautés éducatives des lycées pourront élaborer un vrai projet d’aide personnalisée aux élèves ? Nous n’en croyons rien, et pensons au contraire que cet aspect primordial de la réforme sera sacrifié. Faute de temps laissé au travail collectif, la réflexion sur les besoins des élèves pour réussir au lycée et sur les solutions à imaginer pour amener cette réussite, sera reportée à plus tard. Cela impliquera qu’au lieu de partir d’une analyse des besoins pour définir les moyens à utiliser, on se contentera de prendre connaissance des moyens alloués pour « bricoler » des dispositifs les utilisant au mieux. Cela nous semble totalement antinomique avec l’esprit même de la réforme.
Nous tenons également à attirer votre attention sur les conséquences très dommageables qui résulteraient d’une concomitance entre une réduction des moyens et la mise en place de la réforme des lycées. En effet de nombreux enseignants sont persuadés que l’objectif réel de celle-ci est de diminuer les moyens donnés aux établissements pour assurer leurs missions d’enseignement et d’éducation, et supprimer in fine des postes de fonctionnaires. Faire les deux en même temps serait leur donner raison, rendre inaudible la voix de ceux qui, enseignants ou chefs d’établissement, voient dans cette réforme des aspects positifs, et la condamner à échouer.
Sur la question des moyens, nous souhaitons également savoir quel sort sera réservé aux sections européennes. En effet ayant noté que le Ministre insistait pour que « la reconnaissance des DNL (soit) affirmée », nous osons espérer que cette reconnaissance ne sera pas traduite dans notre académie par la suppression des moyens donnés aux établissements pour les faire fonctionner.
Enfin la mise en œuvre de la réforme questionne fortement la place des lycées technologiques. Nous nous interrogeons sur l’interprétation qu’en feront les familles, quand elles constateront qu’en lieu et place des deux enseignements technologiques de trois heures qui avaient une grande visibilité, elles auront à choisir premièrement un enseignement d’exploration économique, et dans un deuxième temps un succédané technologique d’une heure et demie. Le déclassement des options technologiques tend à faire disparaître pratiquement les couples d’options qui constituaient le vivier de la filière technologique. Quel sort sera réservé aux établissements dont l’attractivité et le rayonnement s’appuient dans une très large mesure sur leur offre « technologique ». Le choix d’un établissement pour un élève et sa famille est souvent définitif. Le risque est grand que bien peu d’élèves, qui n’y sont pas déjà en seconde, ne rejoignent à l’issue de cette classe, un établissement « technologique » pour y suivre une de ses filières.
Nous attirons votre attention sur la fragilisation de la voie technologique et tout particulièrement industrielle, déjà bien entamée avec la rénovation de la voie professionnelle, qui à moyen terme entraînerait une menace très sérieuse sur l’existence même des BTS.
En espérant que vous pourrez nous apporter des réponses positives sur l’ensemble des points évoqués dans ce courrier, nous vous prions de croire, Madame le Recteur, à l’expression de nos sentiments dévoués.
Jean-François PICARD - Secrétaire Académique
du syndicat des personnels de direction Indépendance et Direction
Bienvenue sur le site
La préparation de la rentrée me laisse chaque année un peu plus perplexe. Il s’agit de plus en plus d’un travail uniquement technique qui s’occupe très peu de l’humain et dont le seul objectif est de faire « rentrer » le tout dans des critères quantitatifs : ne pas dépasser la DHG, se rapprocher au plus près du nombre d’HSA demandées, etc.
Le cas des langues vivantes est assez significatif du fonctionnement actuel. La politique des langues coûte cher dans notre académie avec notamment de nombreux établissements qui proposent à tous leurs élèves entrant en sixième de faire à la fois de l’allemand et de l’anglais. Les moyens étant en baisse dans les académies (il faut dégager des heures pour de l’accompagnement éducatif…) le volume horaire est passé de 3 à 2.5h pour chaque langue en sixième à la rentrée 2009. Parallèlement on met en place une batterie de mesures en dehors des séquences de cours, notamment axées sur les langues : accompagnement éducatif, stages de remise à niveau durant les vacances, etc. Est-il établi que la réussite des élèves est plus assurée dans ce temps ménagé hors du temps scolaire habituel que dans une séquence de cours ? J’ai des doutes à ce sujet et j’ai le sentiment que ce qui compte c’est l’effet d’annonce de ces mesures bien plus que l’évaluation de leur efficacité réelle.
Il me semble que si on souhaitait mettre en oeuvre une réelle autonomie de l’établissement on pourrait globaliser l’ensemble des moyens attribués aux établissements et confier à l’équipe pédagogique le soin d’élaborer un plan d’aide aux élèves, plan ciblé qui tienne compte des contraintes et spécificités locales.