Le remplacement des professeurs lors de leurs absences est un dossier qui préoccupe énormément les personnels de direction et sur lequel ils éprouvent beaucoup d’insatisfaction. C’est en effet le dossier par excellence où ils ont l’impression d’être entre le marteau et l’enclume : les attentes de plus en plus fortes de la société d’une part, une maîtrise et une capacité d’agir très limitées, et une structure académique qui est également dans une grande difficulté sur ce dossier.
Nous subissons un transfert de charges et de responsabilités sur les établissements
1. La mise en place de logiciels de gestion est le prétexte à ce transfert (ex. Mosart qui reporte sur les EPLE les retraits de salaire pour faits de grève)
2. Les services tentent d’opérer ce transfert dans tous les domaines. Deux exemples. Un établissement accepte d’accueillir les épreuves du CAPES : il faut insister pour que les services envoient des personnels pour surveiller les épreuves, et effectuer les premières opérations du traitement des copies, mais c’est l’établissement qui gère la réception des sujets et des copies. Un établissement accueille 130 candidats extérieurs pour les épreuves d’un BTS : il faut insister pour obtenir des personnels de surveillance et les services tentent d’en confier le recrutement au Proviseur adjoint !
3. L’expérience vécue dans le cas des assistants d’éducation ou assistants pédagogiques nous fait craindre un éventuel transfert qui concernerait les enseignants vacataires, car la gestion administrative des contrats est extrêmement lourde : la France est vraiment un pays paperassier.
La gestion des absences des professeurs devient extrêmement problématique
1. Point positif : nos interlocuteurs sont bien identifiés et sont généralement bien au courant des situations les plus problématiques.
2. Les remplacements de durée inférieure à 15 jours sont ingérables ; le pire c’est quand un personnel est absent 15 jours, puis revient pour une courte période puis est de nouveau absent etc.
3. Même quand il s’agit d’un congé prévu (ex : maternité), la mise en place n’est pas toujours effective à la date du début du congé ; et ce n’est pas faute de bonne volonté des services, mais il n’y a plus de TZR pour les assurer dans de très nombreuses disciplines.
4. Les compétences des personnes recrutées ne correspondent pas forcément aux attentes et besoins (exemples : personnes non bilingues pour intervenir en LCR ou professeurs non-bivalents en LP [une américaine recrutée pour enseigner l’anglais mais aussi … le français])
5. La DRH ne se positionne pas suffisamment sur les enseignants déficients, laissant pourrir des situations qui retombent sur nos épaules, sans que nous puissions y faire grand-chose (exemple : une vacance de 14 semaines d’une enseignante d’histoire-géographie en difficultés récurrentes non remplacée).
6. Les annonces ministérielles ne sont pas de nature à nous rassurer. Nous sommes assez peu convaincus que les nominations d’un référent dans l’académie et dans chaque établissement soient de nature à régler le problème si peu que ce soit, et craignons plutôt la désignation de boucs émissaires à la vindicte publique.
Il y a parfois dichotomie entre la politique affichée et celle qui est menée sur le terrain. Ainsi par exemple la volonté fortement affirmée de profiler tous les postes en REP (68) mais sur le terrain on constate en réalité une grande frilosité.
Il faut aussi parler de la GRH qui concerne les personnels de direction
1. Malgré des tentatives bienvenues, par exemple à l’IA 67, d’entretiens de suivi professionnel, la gestion des carrières des personnels de direction reste particulièrement opaque, tant en ce qui concerne les promotions que la mobilité. Les personnels de direction n’ont pas de visibilité quant à leur carrière et aux projets que leur hiérarchie a pour eux.
2. Le soutien à apporter aux collègues qui sont en butte à des tentatives de déstabilisation dans leur établissement, parce qu’ils sont le seul échelon de l’Etat qu’on peut atteindre, et qui sur le terrain est en mesure de s’opposer par exemple au torpillage de la mise en place des réformes, devrait être repensé et renforcé.
Voilà brièvement exposés quelques éléments auxquels iD est particulièrement attentif et qui font partie du quotidien des personnels de direction. On le voit les difficultés sont réelles et nombreuses et il y a malheureusement lieu de s’inquiéter quant à l’évolution de notre situation quand on sait par exemple que pour l’année scolaire prochaine les stagiaires seront absents durant deux périodes de quinze jours, ce qui ne manquera pas d’aggraver encore les difficultés de remplacement.
Jean-François Picard,
Secrétaire académique
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