Le remplacement des professeurs dans l’académie

22 mars 2010 par iD Strasbourg Laisser une réponse »

DNA-logoVous trouverez ci dessous un article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace le dimanche 21 mars sur le remplacement des professeurs, ou plutôt leur non remplacement…


Enseignement / Professeurs pas remplacés : Pôle emploi recrute

Avec les suppressions de postes dans l’Éducation nationale, le nombre d’enseignants titulaires en zone de remplacement (TZR) a fortement diminué en 2009. En attendant le recours aux retraités, étudiants et vacataires jouent les pompiers de service dans le second degré.

« En Alsace, la plupart des TZR sont en affectation à l’année et ils ne peuvent pas effectuer de remplacements. C’est une conséquence des suppressions de postes », explique Pascal Kittel, secrétaire régional du SGEN-CFDT.
Les enseignants remplaçants ont payé le plus lourd tribut aux suppressions de postes 2009 avec la disparition de 131 postes dans l’académie de Strasbourg.

Petites annonces

« Sur les 795 TZR restant pour les collèges et lycées de l’enseignement général et technologique, 464 ont été placés en poste à l’année à la rentrée », indique Francis Fuchs, co-secrétaire académique du SNES-FSU. « En septembre, le scénario était déjà écrit. Nous avions 11 collègues TZR en allemand, 34 en anglais, 37 en mathématiques… Assez rapidement, le problème s’est étendu à presque toutes les disciplines, à l’histoire-géo, aux lettres… En l’espace de deux ans, nous avons perdu 250 TZR. Ils étaient 1050 en 2007 et nous allons encore en perdre 150 en 2010 ».
En 2008 déjà, le rectorat faisait passer des petites annonces pour recruter en urgence des professeurs d’allemand et de mathématiques (DNA du 13 janvier 2009). Pôle emploi est devenu « l’agence de recrutement » que les syndicats enseignants redoutaient.
En 2009, Pôle emploi a reçu 519 offres pour recruter des enseignants dans les établissements publics et privés d’Alsace, dont 483 pour l’enseignement général du second degré. Les situations les plus critiques se trouvent dans les collèges, estime le co-secrétaire du SNES-FSU. « Au collège René-Schickelé de Saint-Louis, des élèves sont restés durant des semaines, voire des mois sans professeur de lettres ou de mathématiques en allemand. C’était le règne d’Ubu. » Parmi les contractuels recrutés pour des remplacements, « les vacataires qui ne doivent pas dépasser les 200 heures sont utilisés le plus souvent pour finir l’année », indique Francis Fuchs. Les universités sont une autre source de recrutement, notamment pour trouver « des remplaçants en histoire-géo, en lettres… auprès des étudiants de niveau licence ».
Pour parer aux absences de courte durée, le ministère a prévu un contingent de 12 % d’heures supplémentaires. Mais « les remplacements en interne ont montré leur limite. Les collègues ne peuvent pas remplacer tous les absents. Ils choisissent des classes qui préparent des examens. On ne peut pas imposer les heures supplémentaires aux collègues de certaines disciplines qui ont déjà assez de copies à corriger ». Et ils voudraient que le ministre revoit la sienne. »

Au Rectorat: l’art de la souplesse

« Nous avons des progrès à faire sur la connaissance des absences de courte durée qui n’ont pas besoin d’être signalées par le chef d’établissement », reconnaît François Bohn, secrétaire général adjoint de l’académie de Strasbourg. Un manque de vision générale qui s’explique par la répartition des compétences entre établissements et niveau académique. Les premiers doivent trouver des solutions aux absences de courte durée, par le biais des heures supplémentaires définies dans le protocole de remplacement. Au delà de 15 jours d’absence, le rectorat prend le relais.
L’académie a « un taux d’efficacité de 97 % », poursuit François Bohn (92 ,5% de moyenne en France). Le taux de remplacement des absences de courte durée tombe à 22 % dans l’académie (19 % en France). Au milieu de ces chiffres « les absences perlées », absences de courtes durées se transformant en absences de longue durée posent un vrai problème de gestion. Dans tous les cas, le rectorat « laisse aux établissements les moyens de mettre en place un système de rattrapage des heures de cours ».

Des contractuels recrutés lors des pics d’absences

La difficulté de trouver des remplaçants n’est pas nouvelle. « Quand on parle de la baisse du nombre de TZR dans l’académie, les seuls postes supprimés sont ceux de 2009. Nous avons toujours dû recruter des contractuels lors des pics d’absences. Le second degré compte une centaine de disciplines, certaines très pointues. Il serait illusoire de penser qu’une académie puisse avoir un réseau de TZR suffisant pour couvrir toutes les disciplines. Le système a besoin de cette souplesse. »

Pour cela, l’académie compte 400 contractuels, « dans leur grande majorité, des étudiants en situation de recherche d’emploi qui s’adressent directement au rectorat ». Une centaine de contractuels effectuent des missions de courte et moyenne durée, les 300 autres des contrats de longue durée, précise François Bohn.
Pour la rentrée 2010, le secrétaire général adjoint se veut rassurant. « Il n’y aura pas de suppressions de postes dans le secondaire dans l’académie. » Une nouvelle qui sera appréciée par ceux qui déplorent un manque de moyens pour la mise en oeuvre de la réforme du lycée. Néanmoins, 16 000 postes doivent être supprimés cette année dans l’Éducation nationale.

Jean-François Clerc
Article paru dans les DNA du 21 mars

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