Archive pour juin 2011

Un courrier à l’attention de la DRH du ministère

29 juin 2011

lettre-ouverteMadame la directrice générale,

Par courrier en date du 16 mai 2011 vous rappelez l’obligation de ne prendre en compte pour la fixation de l’ORS des professeurs de CPGE que la notion de classe et non celle de groupe, faisant ainsi bénéficier les enseignants du même calcul pour leur rémunération qu’ils enseignent devant un effectif de 48 élèves ou un groupe restreint d’entre eux.

Si les intéressés ne peuvent que se réjouir de voir ainsi consacré un mode de rémunération particulièrement avantageux qui leur apporte une heure supplémentaire sans surcroît de travail, vous comprendrez l’étonnement des personnels de direction qui se voient refuser toute augmentation de leur rémunération, sous le prétexte des difficultés financières de l’Etat .On ne peut que dénoncer l’incapacité du ministère à réformer des textes obsolètes dont l’application apporte à ses bénéficiaires des améliorations substantielles de rémunération sans travail supplémentaire alors que l’on lanterne d’année en année pour évoquer sérieusement la situation des personnels de direction. Comment accepter que plusieurs années d’interventions et de réunions n’aboutissent qu’à la possibilité pour certains personnels de direction de percevoir une prime de performance de 57 EUR mensuels, à comparer avec le taux horaire des uns ou des autres ? Et comment justifier que l’on affirme s’appuyer sur la réglementation pour ne pas changer la réglementation ?

Les personnels enseignants ont vu ces dernières années leur revenu augmenté des heures supplémentaires défiscalisées (ce qui peut aller, pour un professeur de CPGE jusqu’à un supplément mensuel net de près de 30%), de la revalorisation des corrections de copie (près de 500%). Nous n’évoquerons pour mémoire que la rétribution accordée pour le tutorat, les correspondants TICE, les référents culturels, etc. Toutes activités qui concernent bien sûr les personnels de direction à la fois pour l’organisation et pour la saisie, mais qui ne sont pas prises en compte pour eux.

A côté de cette gestion perfectible des moyens, les personnels de direction, accablés de charges supplémentaires, voient leur rémunération bloquée pour des raisons qui n’apparaissent plus que comme des prétextes. Il leur reste l’amère consolation de calculer chaque fin d’année le recul de leur rang dans l’échelle des rémunérations de leur établissement !

Un tel état de choses ne peut plus durer, et il est de plus en plus difficile de conserver notre confiance face à des interlocuteurs qui régulièrement insistent sur l’importance de nos missions mais qui refusent toute avancée sérieuse à l’égard des personnels de direction et laissent se poursuivre des dépenses inconsidérées, inutiles et inéquitables.

Comment espérer que les chefs d’établissements et leurs adjoints pourront continuer de susciter l’intérêt de leurs jeunes collègues pour une carrière dont ils peuvent, par un simple calcul arithmétique, mesurer les blocages ?

Les personnels de direction se soumettent depuis plusieurs années au « travailler plus ». A quand le « gagner plus » ?

Je vous prie d’agréer, Madame la directrice générale, l’expression de ma respectueuse considération.

Richard WACH Secrétaire Général

Au sujet des punitions scolaires

28 juin 2011

Monsieur le Ministre,

Un décret publié sous votre autorité modifie le régime des punitions scolaires en y ajoutant la notion de travail de responsabilisation, concept censé limiter l’exclusion temporaire des élèves précédemment utilisée pour mettre provisoirement hors d’état de nuire ceux qui portaient atteinte à la sérénité et la sécurité des classes.

Cette pratique était déjà mise en oeuvre dans de nombreux établissements, et apportait un palliatif utile à la gamme des sanctions appliquées.

impasseIl apparaît cependant que les conditions que vous évoquez pour leur mise en oeuvre ne sont guère de nature à soulager les chefs d’établissement dans leur mission de maintien de l’ordre scolaire : la mise en place d’une commission éducative, la nécessité de l’accord du mineur et de ses parents, la limite à 20h de la durée de ces travaux, la nature des organismes censés « bénéficier » de ce qui ne sont que des travaux d’intérêt général rebaptisés, l’obligation d’une convention préalable sont autant de freins à l’introduction de ces nouvelles mesures : il ne faudra pas s’étonner que les chefs d’établissement, dont l’autorité et les pouvoirs disciplinaires ne sortent en rien renforcés de cette modification, continuent de lui préférer des exclusions temporaires qui ont le mérite de sortir l’élève posant problème des murs de l’établissement.

Si de telles mesures peuvent se comprendre et s’appliquer pour des fautes liées aux fautes scolaires proprement dites, comment croire qu’elles auront le moindre impact en matière de violence, de drogue, de fraude, d’absentéisme ou d’irrespect des personnels. Dans ces conditions, il y a fort à craindre de ceci n’apparaisse que comme une nouvelle reculade devant l’avancée du concept d’élève-roi.

Il convient d’ajouter que les dotations en AED de nos établissements, amputés cette année, ne nous permettront pas de gérer raisonnablement ces situations, et que la date de commande aux imprimeries de nos règlements intérieurs étant dépassée, il sera difficile de procéder à leur mise à jour.

Nous souhaiterions que des textes précis et adaptés à la réalité des situations parfois très difficiles vécues dans nombre d’établissements viennent renforcer notre autorité et la sécurité de l’ensemble des élèves et du personnel, et non ajouter un nouveau prétexte pédagogique et une nouvelle commission qui risquent de compliquer notre action.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mon profond respect.

Richard WACH