Madame la directrice générale,
Par courrier en date du 16 mai 2011 vous rappelez l’obligation de ne prendre en compte pour la fixation de l’ORS des professeurs de CPGE que la notion de classe et non celle de groupe, faisant ainsi bénéficier les enseignants du même calcul pour leur rémunération qu’ils enseignent devant un effectif de 48 élèves ou un groupe restreint d’entre eux.
Si les intéressés ne peuvent que se réjouir de voir ainsi consacré un mode de rémunération particulièrement avantageux qui leur apporte une heure supplémentaire sans surcroît de travail, vous comprendrez l’étonnement des personnels de direction qui se voient refuser toute augmentation de leur rémunération, sous le prétexte des difficultés financières de l’Etat .On ne peut que dénoncer l’incapacité du ministère à réformer des textes obsolètes dont l’application apporte à ses bénéficiaires des améliorations substantielles de rémunération sans travail supplémentaire alors que l’on lanterne d’année en année pour évoquer sérieusement la situation des personnels de direction. Comment accepter que plusieurs années d’interventions et de réunions n’aboutissent qu’à la possibilité pour certains personnels de direction de percevoir une prime de performance de 57 EUR mensuels, à comparer avec le taux horaire des uns ou des autres ? Et comment justifier que l’on affirme s’appuyer sur la réglementation pour ne pas changer la réglementation ?
Les personnels enseignants ont vu ces dernières années leur revenu augmenté des heures supplémentaires défiscalisées (ce qui peut aller, pour un professeur de CPGE jusqu’à un supplément mensuel net de près de 30%), de la revalorisation des corrections de copie (près de 500%). Nous n’évoquerons pour mémoire que la rétribution accordée pour le tutorat, les correspondants TICE, les référents culturels, etc. Toutes activités qui concernent bien sûr les personnels de direction à la fois pour l’organisation et pour la saisie, mais qui ne sont pas prises en compte pour eux.
A côté de cette gestion perfectible des moyens, les personnels de direction, accablés de charges supplémentaires, voient leur rémunération bloquée pour des raisons qui n’apparaissent plus que comme des prétextes. Il leur reste l’amère consolation de calculer chaque fin d’année le recul de leur rang dans l’échelle des rémunérations de leur établissement !
Un tel état de choses ne peut plus durer, et il est de plus en plus difficile de conserver notre confiance face à des interlocuteurs qui régulièrement insistent sur l’importance de nos missions mais qui refusent toute avancée sérieuse à l’égard des personnels de direction et laissent se poursuivre des dépenses inconsidérées, inutiles et inéquitables.
Comment espérer que les chefs d’établissements et leurs adjoints pourront continuer de susciter l’intérêt de leurs jeunes collègues pour une carrière dont ils peuvent, par un simple calcul arithmétique, mesurer les blocages ?
Les personnels de direction se soumettent depuis plusieurs années au « travailler plus ». A quand le « gagner plus » ?
Je vous prie d’agréer, Madame la directrice générale, l’expression de ma respectueuse considération.
Richard WACH Secrétaire Général

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