A propos des sollicitations républicaines

11 avril 2011 par iD Strasbourg Laisser une réponse »

Le bureau d’Indépendance et direction souhaite vous faire part de ses réflexions et prises de position sur deux initiatives gouvernementales qui mettent mal à l’aise un certain nombre d’entre nous et sont emblématiques des tentatives de plus en plus fréquentes d’instrumentalisation des personnels de direction.
Il s’agit d’une part de l’affichage concernant la nouvelle loi sur l’interdiction de dissimuler son visage dans un lieu public, et d’autre part de celui de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789.

Dans l’un et l’autre cas ce n’est pas le fond qui pose problème.attention-glissant

En effet l’ensemble des personnels de direction, en tout cas ceux d’Indépendance et direction, sont attachés aux valeurs républicaines et notamment à celle de laïcité. D’ailleurs sans attendre cette directive gouvernementale un certain nombre d’entre nous avaient déjà pris l’initiative de faire afficher dans leurs établissements la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Et c’est bien notre investissement collectif sur le dossier du foulard qui a permis d’y apporter des solutions et de ramener la sérénité dans les établissements.

Ce qui pose problème par contre c’est le moment choisi pour nous demander de procéder à ces affichages et l’aspect comminatoire des instructions que nous recevons.

Dans la période actuelle qui voit l’espace politique envahi par des débats préélectoraux sur des thématiques connexes, il nous semble que l’Ecole de la République gagnerait plus à rester à l’écart de cette agitation. Nous pensons même que la neutralité politique qu’elle se doit de montrer, lui impose de ne pas apparaître comme engagée dans des controverses qui ne sont pas de son ressort.

C’est pourquoi dans des circonstances où non seulement on nous requiert de procéder avec célérité à la mise en place de ces affichages et « à la diffusion de documents dans toutes les classes des écoles élémentaires et des collèges », mais où de plus il est exigé de nous de « faire parvenir pour le 11 avril 2011 un état des initiatives que nous auront prises dans ce cadre », il nous paraît essentiel que les personnels de direction aient le souci de participer à ces opérations… au rythme qui leur paraîtra compatible avec les valeurs de l’école.
Il ne nous apparaît pas plus qu’il soit nécessaire en cette matière de rendre compte dans la précipitation : l’important pour l’efficacité pédagogique n’est pas de se hâter sur ce sujet et de passer aussitôt à un autre, mais bien d’éduquer dans la durée.

Jean-François Picard,
Secrétaire académique

  1. Eglantine dit :

    Nous sommes les représentants de l’Etat dans notre établissement scolaire.
    Chacun en a conscience, en particulier au moment de présenter une DHG qui ne satisfait personne à son Conseil d’Administration.
    L’actualité nous incite cependant à introduire une nuance entre un représentant de l’Etat et le représentant d’un gouvernement qui s’agite en tous sens avec des visées trop manifestement électoralistes.
    Nous avons également un devoir de citoyenneté à remplir en agissant dans l’intérêt bien compris de l’Etat qui n’est pas nécessairement celui du gouvernement en place.
    Réflexion bien difficile pour une période aussi dense qu’une fin d’année scolaire…