Histoire des Arts : lettre ouverte au Directeur de l’Enseignement Scolaire

22 novembre 2011 par Richard Wach Laisser une réponse »

lettre-ouverteLe Bulletin officiel de l’Education nationale N° 41 du 10 novembre 2011 fixe de nouveaux modes d’organisation à l’épreuve d’histoire des Arts du Diplôme National du Brevet. Cette épreuve, instaurée sans concertation, a été généralisée à tous les élèves des classes de troisième l’an dernier. S’agissant d’un examen national, s’il est bien évident que ses modalités de mise en oeuvre doivent préserver l’égalité de traitement entre les élèves, il eut été préférable que vos services prissent toutes les dispositions nécessaires pour garantir cette exigence dès l’an dernier. Force est de constater, une fois encore, que l’impréparation et la connaissance approximative qu’ils ont du fonctionnement des établissements, les ont incités à se décharger de leurs obligations sur les personnels des EPLE. La mise en place de ce nouvel enseignement ainsi que l’organisation de l’épreuve d’Histoire des Arts en juin dernier se sont finalement bien déroulés grâce à la mobilisation des personnels de direction qui ont su motiver les équipes et trouver des modes d’organisation équilibrés.

Au moment où les procédures sont stabilisées, où les enseignements de cette première année vont être tirés dans chaque EPLE, vous choisissez de modifier les règles, alourdissant sans fondement le dispositif et exposant inutilement les personnels de direction. Une fois encore, l’autonomie de l’EPLE s’en trouve restreinte sans pourtant qu’aucun bénéfice pédagogique n’en soit espéré pour les élèves et leurs familles. Concernant la session 2012, ce nouveau texte nous demande de délivrer une information aux familles, au plus tard, au début du deuxième trimestre c’est-à-dire, compte tenu de sa date de parution, dans la précipitation !

  • Il nous invite à organiser les épreuves après les conseils de classe du troisième trimestre, ignorant par là même les impératifs de la reconquête du mois de juin qui ont pour effet de repousser lesdits conseils le plus tard possible à un moment où nous sommes déjà mobilisés par la finalisation de l’orientation.
  • Il propose d’organiser les épreuves sur les heures de cours ignorant que les professeurs n’enseignant pas que dans les seules classes de troisième ne pourront pas assurer leur service dans les autres niveaux de classe, contribuant ainsi à la démobilisation des élèves que le dispositif précédemment évoqué (reconquête du mois de juin) est justement censé combattre…
  • Il complexifie l’épreuve, rendant plus difficile dans les établissements où les populations sont les moins familières avec les problématiques culturelles la découverte et l’appropriation des notions qu’il est pourtant censé promouvoir…

Outre le manque de confiance qu’il laisse supposer envers les personnels de direction et, plus largement, envers les équipes enseignantes, ce texte laisse l’impression de beaucoup d’impréparation et d’un réel manque de cohérence. Dans une période déjà suffisamment difficile, il n’était pas nécessaire de rajouter du mécontentement au mécontentement. Une fois encore, sur le terrain, les équipes de direction seront seules pour l’affronter. Indépendance et Direction demande en conséquence que l’application de ce texte soit différée afin de permettre, après concertation, une meilleure adaptation aux réalités du terrain.

Richard WACH
Secrétaire général

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2 commentaires

  1. Léonard dit :

    Au-delà des conditions de mise en oeuvre de ce texte -qui sont déplorables-, je m’interroge sur le sens donné à cette épreuve. Dans cette nouvelle version l’accent est mis sur l’apprentissage et les connaissances alors que ce qui faisait la richesse de cette épreuve l’année dernière c’était bien la production des élèves.

    Présentée ainsi l’épreuve d’Histoire des Arts devient une épreuve scolaire dans le sens le plus pauvre du terme et passe à la trappe le travail interdisciplinaire entre les enseignants.

  2. Eglantine dit :

    Faut-il vraiment chercher un sens à tous ces textes dans lesquels nous nous noyons ?
    Pour ma part, je n’y vois que vaine agitation. A notre époque il faut parler pour exister et nos gouvernants sont les premiers à succomber à ce travers.

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