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Lettre ouverte à Madame le Recteur

14 janvier 2010

Madame le Recteur,lettre-ouverte

Les chefs d’établissement sont très fortement préoccupés par les conditions dans lesquelles s’effectue cette année la préparation de rentrée. Le bureau académique du syndicat Indépendance et Direction, réuni ce jour, me charge de vous faire part des points qui nous semblent poser le plus problème. Nous exprimons le souhait que vous puissiez les aborder et y répondre lors des réunions que vous organisez lundi 18 janvier dans nos deux départements, à l’intention des Chefs d’établissement et de leurs adjoints :

En premier lieu nous regrettons le manque d’informations provenant de votre cabinet ou du secrétariat général sur l’agenda et les échéances des prochaines semaines. Ainsi à ce jour les Principaux des collèges n’ont toujours pas été informés de la date à laquelle leur DHG leur serait communiquée, pas plus que de celle exigée pour le retour de leur proposition de ventilation.

Nous demandons également que nous soit communiquée au plus tôt la carte que vous aurez retenue pour l’implantation des enseignements d’exploration dans les différents lycées. En effet celle-ci est nécessaire, non seulement pour l’information des parents d’élèves, mais aussi pour la préparation de rentrée elle-même. A cet égard, nous vous indiquons notre souhait que l’affectation en lycée des élèves sortant de troisième, qui devra être terminée fin juin (ce qui repose le problème de la date des conseils de classe), prenne en compte les choix qu’auront faits les familles pour ces enseignements.

A propos des délais laissés aux établissements pour préparer leurs propositions de ventilation des moyens, nous nous permettons de vous rappeler combien cet exercice, loin d’être uniquement technique, devrait être un moment fort de la réflexion pédagogique et de la concertation au sein des établissements. Certes vous avez bien voulu, suite à la requête que vous a adressée Monsieur Wach secrétaire général d’iD, déplacer au 26 février la date de cette remontée pour les lycées. Toutefois le maintien de la date du 6 février pour les lycées polyvalents est irréaliste, car cela les obligerait à dissocier la préparation de rentrée pour l’enseignement professionnel de celle de l’enseignement général et technologique, alors que ces établissements fonctionnent avec un seul Conseil d’administration. Concernant enfin les lycées généraux et technologiques, ce délai supplémentaire d’une semaine est à notre avis totalement insuffisant, pour qu’après communication définitive des moyens suite au CTPA du 29 janvier, puissent être organisés des conseils d’enseignement, un conseil pédagogique, une commission permanente et un conseil d’administration, (quand bien même les établissements choisiraient de banaliser une demi-journée pour cet exercice). Cela nous paraît particulièrement regrettable alors que nous devons mettre en place une réforme ambitieuse, censée faire appel à une large autonomie des établissements. Peut-on réellement estimer qu’en si peu de temps, les communautés éducatives des lycées pourront élaborer un vrai projet d’aide personnalisée aux élèves ? Nous n’en croyons rien, et pensons au contraire que cet aspect primordial de la réforme sera sacrifié. Faute de temps laissé au travail collectif, la réflexion sur les besoins des élèves pour réussir  au lycée et sur les solutions à imaginer pour amener cette réussite, sera reportée à plus tard. Cela impliquera qu’au lieu de partir d’une analyse des besoins pour définir les moyens à utiliser, on se contentera de prendre connaissance des moyens alloués pour « bricoler » des dispositifs les utilisant au mieux. Cela nous semble totalement antinomique avec l’esprit même de la réforme.

attention-glissantNous tenons également à attirer votre attention sur les conséquences très dommageables qui résulteraient d’une concomitance entre une réduction des moyens et la mise en place de la réforme des lycées. En effet de nombreux enseignants sont persuadés que l’objectif réel de celle-ci est de diminuer les moyens donnés aux établissements pour assurer leurs missions d’enseignement et d’éducation, et supprimer in fine des postes de fonctionnaires. Faire les deux en même temps serait leur donner raison, rendre inaudible la voix de ceux qui, enseignants ou chefs d’établissement, voient dans cette réforme des aspects positifs, et la condamner à échouer.

Sur la question des moyens, nous souhaitons également savoir quel sort sera réservé aux sections européennes. En effet ayant noté  que le Ministre insistait pour que « la reconnaissance des DNL (soit) affirmée », nous osons espérer que cette reconnaissance ne sera pas traduite dans notre académie par la suppression des moyens donnés aux établissements pour les faire fonctionner.

Enfin la mise en œuvre de la réforme questionne fortement la place des lycées technologiques. Nous nous interrogeons sur l’interprétation qu’en feront les familles, quand elles constateront qu’en lieu et place des deux enseignements technologiques de trois heures qui avaient une grande visibilité, elles auront à choisir  premièrement un enseignement d’exploration économique, et dans un deuxième temps un succédané technologique d’une heure et demie. Le déclassement des options technologiques tend à faire disparaître pratiquement les couples d’options qui constituaient le vivier de la filière technologique. Quel sort sera réservé aux établissements dont l’attractivité et le rayonnement s’appuient dans une très large mesure sur leur offre « technologique ». Le choix d’un établissement pour un élève et sa famille est souvent définitif. Le risque est grand que bien peu d’élèves, qui n’y sont pas déjà  en seconde, ne rejoignent à l’issue de cette classe, un établissement « technologique » pour y suivre une de ses filières.

Nous attirons votre attention sur la fragilisation de la voie technologique et tout particulièrement industrielle, déjà bien entamée avec la rénovation de la voie professionnelle, qui à  moyen terme entraînerait une menace très sérieuse sur l’existence même des BTS.

En espérant que vous pourrez nous apporter des réponses positives sur l’ensemble des points évoqués dans ce courrier, nous vous prions de croire, Madame le Recteur, à l’expression de nos sentiments dévoués.

Jean-François PICARD - Secrétaire Académique
du syndicat des personnels de direction Indépendance et Direction

Tout était prévu… sauf ?

4 décembre 2009

petardOn nous dit que la France se prépare depuis des mois à lutter contre la pandémie de grippe A. Effectivement, nous-mêmes, les infirmières et médecins scolaires, mais aussi apparemment notre hiérarchie académique, avons été ensevelis sous une montagne de circulaires et de superbes diaporamas informatiques.

Toutes les situations avaient été prévues, répertoriées et traitées !

Les EMV, les EOD, les PCP, les LRCP et les BV ont fait l’objet de courriers nombreux et impératifs signés par plusieurs ministres. Les vaccins et les masques commandés, à prix d’or semble-t-il. Leur stockage et leur transport minutieusement préparés.

Tout ça pour aboutir à un cafouillage invraisemblable, que Kafka n’aurait pas réussi à imaginer !
Les gens de terrain, c’est-à-dire les chefs d’établissements, les infirmières et médecins scolaires, mais aussi reconnaissons-le, notre hiérarchie académique, mis KO debout par une avalanche d’ordres, de contre-ordres et au final par une mise en œuvre ubuesque et totalement improvisée, déploient une énergie invraisemblable pour essayer d’éviter un lamentable fiasco.

Derniers épisodes connus :

- Les établissements devront, contrairement aux instructions signées le 9 novembre par trois éminents ministres, récupérer eux-mêmes les vaccins, (exit la livraison par les EOD).
- Les bons de vaccinations manquants, que les établissements allaient devoir éditer eux-mêmes, au rythme semble-t-il de cinq bons par heure car le système de liaison informatique s’interrompt au bout de 15 minutes … par mesure de sécurité, ne seront peut-être plus nécessaires. (Pourquoi l’étaient-ils d’ailleurs ?)

Face à ce monumental ratage de la haute administration, il nous appartient encore une fois d’éviter sur le terrain un magnifique plantage. Comme nous sommes des gens responsables nous le ferons, mais pas à n’importe quel prix !

Indépendance et Direction avait demandé avec force que nous fassions l’objet d’une réquisition signée par le Préfet, afin de nous couvrir juridiquement dans un domaine qui n’a rien à voir avec nos missions habituelles. Celle-ci est arrivée dans les établissements hier après-midi.

La nouvelle « organisation » concernant la récupération des vaccins, nous conduit désormais à réclamer avec la même insistance :
-    Que la DASS mette automatiquement à disposition des personnes qui viendront récupérer les vaccins, une glacière permettant un mode de transport respectant la chaine du froid. (C’est apparemment prévu, mais nous devons donner comme instruction de ne pas procéder à l’enlèvement des vaccins en l’absence de ce dispositif).
-    Que nous soyons destinataires d’une instruction écrite du Recteur ou de l’Inspectrice d’académie, nous donnant mission de faire récupérer les vaccins.
C’est le minimum sur lequel nous ne pouvons en aucun cas transiger, car sans cela notre protection juridique ne serait pas assurée.

Le secrétaire académique
Jean-François PICARD

Post-scriptum : EMV signifie Equipe Mobile de Vaccination, EOD veut dire Equipe Opérationnelle Départementale, les PCP sont les Plans de Continuité Pédagogique, les LRCP correspondent aux géniaux Logiciels de Recensement des Cas Probables et les BV sont bien sûr les Bons de Vaccinations. Au fait qui va convoyer les DASRI ?

La gestion de la vaccination

27 novembre 2009

vaccinPour nous, Personnels de direction, la gestion de la vaccination contre la grippe A et le suivi de la situation sanitaire de nos établissements sont deux tâches supplémentaires qui viennent s’ajouter à bien d’autres, dans une période déjà particulièrement chargée, et accroître notre charge de travail.
Pour autant, mus par nos valeurs humanistes et notre conscience professionnelle de représentants de l’Etat, aucun d’entre nous n’envisage de se soustraire bien entendu à son devoir, à condition qu’on nous assure un cadre strictement défini et conforme à nos missions. Nous demandons également que les instructions ministérielles et académiques ne soient pas contradictoires, notamment sur la question de la réquisition.

C’est pourquoi, face aux pressions et aux sollicitations exercées sur nous, Indépendance et Direction réaffirme avec force deux principes auxquels aucun d’entre nous ne doit déroger :
- Nous ne mettrons en œuvre que les instructions écrites du Ministre, du Préfet, du Recteur ou des Inspectrices d’académie, à l’exclusion de tout autre.
- Nous n’interviendrons que dans notre domaine de compétence, soit l’organisation administrative et la mise à disposition de locaux. Toute autre attitude serait de nature à permettre la mise en cause de notre responsabilité devant un juge.

Par ailleurs un courriel de Madame l’Inspectrice du Bas-Rhin, daté du 26 novembre, semble indiquer qu’elle considère que la réquisition des personnels ne serait pas nécessaire parce que chacun « interviendrait dans le cadre normal de ses fonctions ». Cette interprétation nous semble contradictoire avec le texte ministériel signé par le Secrétaire général Monsieur Duwoye. Indépendance et Direction demandera à Madame l’Inspectrice d’infléchir sa position. En effet l’objet même de la réquisition des personnels ne consiste pas à leur donner instruction d’exécuter telle ou telle tâche, mais de les protéger de poursuites judiciaires.
Si on peut admettre que le surveillant qui amène les élèves à la porte de l’infirmerie n’a pas besoin d’être réquisitionné parce que sa responsabilité ne saurait être recherchée par des parents d’élèves, il en va tout autrement des personnels de direction.
En effet ceux-ci par les décisions qu’ils prendront assumeront une responsabilité, par exemple en établissant l’ordre de vaccination des élèves. Il importe donc qu’a minima chacun d’entre nous soit réquisitionné par le Préfet.

Jean-François Picard
Secrétaire académique