Chers collègues,
Aucun inspecteur d’académie n’est retenu en otage dans son bureau ; pas la plus petite école n’est occupée par des parents ; il y a bien des grèves et des manifestations de personnels, mais sur le sujet de leurs retraites ; même les élèves ne semblent pas avoir encore prévu de manifestations ou de blocages de lycée. Ajoutons à ce climat qui semble apaisé, la communication lénifiante du ministère sur un monde de l’éducation qui irait vers des lendemains qui chantent, grâce aux grands chantiers du « socle commun », « de la réforme du lycée », du « programme CLAIR » et de la « refonte des rythmes scolaires », et l’illusion est en place : tout va très bien !
Est-ce vraiment ce que nous personnels de direction, constatons sur le terrain ?
Certes non ! Nous sommes au contraire les témoins d’un système qui se grippe, et qui rentrée après rentrée exige toujours plus d’énergie et de temps de notre part pour ne pas trop dysfonctionner. Un système qui nous éloigne toujours plus des fondamentaux de notre métier et nous transforme en petites mains de toutes les politiques gouvernementales. La lutte contre la pandémie de grippe l’an dernier, la rougeole cette année, les stages de langues pendant les congés scolaires, le cinéma pour les lycéens, la saisie des congés pour la CPAM, etc.
Chaque fois que nous évoquons l’alourdissement de nos tâches, on nous répond que celles-ci seront allégées grâce à la mise à disposition d’outils informatiques performants. Or, ces outils fonctionnent mal et parfois compliquent notre travail au lieu de le faciliter. Leur seul réel intérêt est vraisemblablement de fournir au ministère des moyens de contrôle, grâce aux remontées automatiques d’information. En cela nous sommes dans la mode de notre temps : penchés sur nos claviers, rivés à nos écrans, nous faisons du « reporting » pour nos « actionnaires de la rue de Grenelle ».
Indépendance et Direction dénonce cette situation, préjudiciable d’une manière générale à l’efficacité de notre Ecole, ainsi qu’aux personnels de direction qui sont clairement les oubliés des procédures de revalorisation salariale. Au plan national nous revendiquons la prise en compte dans notre rémunération de l’ensemble des tâches nouvelles qui se sont greffées sur nos fonctions et la constitution de pôles administratifs renforcés qui nous permettent d’y répondre dans des conditions acceptables.
Au plan académique nous relaierons auprès du Recteur lors de la commission Blanchet du 7 octobre, ces préoccupations proches parfois de l’exaspération. Nous avons demandé l’inscription à l’ordre du jour des points suivants :
1) Tâches confiées aux EPLE et outils informatiques permettant de les assurer
2) Mise en place du livret de compétences
3) Problématique du remplacement
4) Gestion du recrutement en BTS
5) La formation des faisant-fonction d’adjoint
Nous y réaffirmerons fermement que si les personnels de direction sont partants pour mettre leurs énergies et leurs savoir-faire au service de la nécessaire évolution de notre système éducatif, ils ne seront à même de le faire que si on leur en laisse réellement la possibilité, en ne les accablant pas de tâches annexes et secondaires et en leur fournissant des outils informatiques mal adaptés, des réductions de postes et des bonnes paroles.
P
our souligner fortement que les personnels de direction sont proches du point de rupture, le bureau académique d’Indépendance et Direction a décidé d’appeler tous les collègues à ne faire remonter aucun nom de « référent Webclasseur ». Cela permettra de réaffirmer, que nous ne pouvons pas accepter de mettre en place un dispositif de plus, sans être assurés, ni qu’il fonctionne correctement, ni qu’au-delà de l’affichage médiatique habituel il apporte une réelle plus-value aux élèves et aux établissements. Cette mise en œuvre nécessiterait en effet une mobilisation supplémentaire des équipes éducatives, déjà très fortement sollicitées, pour un gain pédagogique faible sachant que l’essentiel de ce que permet le webclasseur est déjà présent dans Scolastance : partage de documents, messagerie, possibilités d’échanges avec les élèves.
Jean-François Picard – Secrétaire académique
Le remplacement des professeurs lors de leurs absences est un dossier qui préoccupe énormément les personnels de direction et sur lequel ils éprouvent beaucoup d’insatisfaction. C’est en effet le dossier par excellence où ils ont l’impression d’être entre le marteau et l’enclume : les attentes de plus en plus fortes de la société d’une part, une maîtrise et une capacité d’agir très limitées, et une structure académique qui est également dans une grande difficulté sur ce dossier.
Nous tenons également à attirer votre attention sur les conséquences très dommageables qui résulteraient d’une concomitance entre une réduction des moyens et la mise en place de la réforme des lycées. En effet de nombreux enseignants sont persuadés que l’objectif réel de celle-ci est de diminuer les moyens donnés aux établissements pour assurer leurs missions d’enseignement et d’éducation, et supprimer in fine des postes de fonctionnaires. Faire les deux en même temps serait leur donner raison, rendre inaudible la voix de ceux qui, enseignants ou chefs d’établissement, voient dans cette réforme des aspects positifs, et la condamner à échouer.
On nous dit que la France se prépare depuis des mois à lutter contre la pandémie de grippe A. Effectivement, nous-mêmes, les infirmières et médecins scolaires, mais aussi apparemment notre hiérarchie académique, avons été ensevelis sous une montagne de circulaires et de superbes diaporamas informatiques.
Pour nous, Personnels de direction, la gestion de la vaccination contre la grippe A et le suivi de la situation sanitaire de nos établissements sont deux tâches supplémentaires qui viennent s’ajouter à bien d’autres, dans une période déjà particulièrement chargée, et accroître notre charge de travail.
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