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Histoire des Arts : lettre ouverte au Directeur de l’Enseignement Scolaire

22 novembre 2011

lettre-ouverteLe Bulletin officiel de l’Education nationale N° 41 du 10 novembre 2011 fixe de nouveaux modes d’organisation à l’épreuve d’histoire des Arts du Diplôme National du Brevet. Cette épreuve, instaurée sans concertation, a été généralisée à tous les élèves des classes de troisième l’an dernier. S’agissant d’un examen national, s’il est bien évident que ses modalités de mise en oeuvre doivent préserver l’égalité de traitement entre les élèves, il eut été préférable que vos services prissent toutes les dispositions nécessaires pour garantir cette exigence dès l’an dernier. Force est de constater, une fois encore, que l’impréparation et la connaissance approximative qu’ils ont du fonctionnement des établissements, les ont incités à se décharger de leurs obligations sur les personnels des EPLE. La mise en place de ce nouvel enseignement ainsi que l’organisation de l’épreuve d’Histoire des Arts en juin dernier se sont finalement bien déroulés grâce à la mobilisation des personnels de direction qui ont su motiver les équipes et trouver des modes d’organisation équilibrés.

Au moment où les procédures sont stabilisées, où les enseignements de cette première année vont être tirés dans chaque EPLE, vous choisissez de modifier les règles, alourdissant sans fondement le dispositif et exposant inutilement les personnels de direction. Une fois encore, l’autonomie de l’EPLE s’en trouve restreinte sans pourtant qu’aucun bénéfice pédagogique n’en soit espéré pour les élèves et leurs familles. Concernant la session 2012, ce nouveau texte nous demande de délivrer une information aux familles, au plus tard, au début du deuxième trimestre c’est-à-dire, compte tenu de sa date de parution, dans la précipitation !

  • Il nous invite à organiser les épreuves après les conseils de classe du troisième trimestre, ignorant par là même les impératifs de la reconquête du mois de juin qui ont pour effet de repousser lesdits conseils le plus tard possible à un moment où nous sommes déjà mobilisés par la finalisation de l’orientation.
  • Il propose d’organiser les épreuves sur les heures de cours ignorant que les professeurs n’enseignant pas que dans les seules classes de troisième ne pourront pas assurer leur service dans les autres niveaux de classe, contribuant ainsi à la démobilisation des élèves que le dispositif précédemment évoqué (reconquête du mois de juin) est justement censé combattre…
  • Il complexifie l’épreuve, rendant plus difficile dans les établissements où les populations sont les moins familières avec les problématiques culturelles la découverte et l’appropriation des notions qu’il est pourtant censé promouvoir…

Outre le manque de confiance qu’il laisse supposer envers les personnels de direction et, plus largement, envers les équipes enseignantes, ce texte laisse l’impression de beaucoup d’impréparation et d’un réel manque de cohérence. Dans une période déjà suffisamment difficile, il n’était pas nécessaire de rajouter du mécontentement au mécontentement. Une fois encore, sur le terrain, les équipes de direction seront seules pour l’affronter. Indépendance et Direction demande en conséquence que l’application de ce texte soit différée afin de permettre, après concertation, une meilleure adaptation aux réalités du terrain.

Richard WACH
Secrétaire général

iD s’associe au mouvement de grève du 27 septembre

8 septembre 2011

oyeziD appelle ses adhérents et l’ensemble des personnels de direction à manifester, par une participation au mouvement de grève du 27 septembre prochain, son exaspération devant les atteintes répétées portées au service public de l’éducation :

  • Des Dotations Horaires Globales diminuées arbitrairement, sans prise en compte des besoins réels des établissements,
  • Des remplacements non assurés qui privent les élèves de l’enseignement que leur garantit la loi, pendant que l’on envoie les chefs d’établissement et leurs adjoints opérer des recrutements qui ne sont pas de leur compétence,
  • Des stagiaires formés hâtivement, livrés quelquefois sans tuteur à un métier difficile,
  • Des personnels d’administration de moins en moins nombreux, alors que les tâches bureaucratiques se multiplient à l’envie,
  • Des charges croissantes, augmentées par des collectivités territoriales aux exigences de plus en plus lourdes.

La somme de ces difficultés rend de plus en plus ingérable le fonctionnement des établissements, et contraint les personnels de direction à sacrifier des pans entiers de leur action pédagogique au profit d’activités toujours plus diversifiées pour lesquelles ils n’ont ni formation ni moyens. Il est temps que le gouvernement fasse une pause sur les suppressions de postes et les réformes de façade, pour redonner aux établissements et à ceux qui les dirigent la sérénité indispensable à l’acte éducatif.
C’est ce que nous dirons à notre Ministre le 27 septembre prochain.

Richard WACH
Secrétaire général

Recontre avec le cabinet du ministre

8 juillet 2011

oyezLe 6 juillet, une délégation d’Indépendance et Direction composée de Didier LAFFEACH, Jean-Jacques COURTIAU et Richard WACH a été reçue par M. Serge FUSTER, Conseiller du ministre et de M. Christophe KERRERO Conseiller Affaires pédagogiques et égalité des chances Cette rencontre a permis d’aborder plusieurs questions qui préoccupent les personnels de direction et notamment l’aggravation de leurs conditions de travail qui se poursuit:

- Le socle commun et les difficultés notamment informatiques qui y sont liées. D’une manière générale, le cabinet confirme les propos de la DGESCO et donc la volonté de faire progresser les outils informatiques et de veiller à leur interopérabilité.

- Nous avons rappelé que le calendrier du 3ème trimestre imposé par la DGESCO était inapplicable sur le terrain et que la superposition des conseils de classe, des examens, de l’affectation et du fonctionnement habituel des EPLE rendaient nos missions impossibles.

- Nous avons donc particulièrement insisté sur nos conditions de travail et l’insuffisance de la reconnaissance matérielle apportée par la prime à la performance proposée par la DGRH.

Beaucoup de problèmes restent en suspens et nécessiteront beaucoup d’attention de la part d’Indépendance et Direction qui plus que jamais sera vigilant sur nos conditions de travail et sur la considération que l’on nous porte.

Richard WACH Secrétaire Général

Un courrier à l’attention de la DRH du ministère

29 juin 2011

lettre-ouverteMadame la directrice générale,

Par courrier en date du 16 mai 2011 vous rappelez l’obligation de ne prendre en compte pour la fixation de l’ORS des professeurs de CPGE que la notion de classe et non celle de groupe, faisant ainsi bénéficier les enseignants du même calcul pour leur rémunération qu’ils enseignent devant un effectif de 48 élèves ou un groupe restreint d’entre eux.

Si les intéressés ne peuvent que se réjouir de voir ainsi consacré un mode de rémunération particulièrement avantageux qui leur apporte une heure supplémentaire sans surcroît de travail, vous comprendrez l’étonnement des personnels de direction qui se voient refuser toute augmentation de leur rémunération, sous le prétexte des difficultés financières de l’Etat .On ne peut que dénoncer l’incapacité du ministère à réformer des textes obsolètes dont l’application apporte à ses bénéficiaires des améliorations substantielles de rémunération sans travail supplémentaire alors que l’on lanterne d’année en année pour évoquer sérieusement la situation des personnels de direction. Comment accepter que plusieurs années d’interventions et de réunions n’aboutissent qu’à la possibilité pour certains personnels de direction de percevoir une prime de performance de 57 EUR mensuels, à comparer avec le taux horaire des uns ou des autres ? Et comment justifier que l’on affirme s’appuyer sur la réglementation pour ne pas changer la réglementation ?

Les personnels enseignants ont vu ces dernières années leur revenu augmenté des heures supplémentaires défiscalisées (ce qui peut aller, pour un professeur de CPGE jusqu’à un supplément mensuel net de près de 30%), de la revalorisation des corrections de copie (près de 500%). Nous n’évoquerons pour mémoire que la rétribution accordée pour le tutorat, les correspondants TICE, les référents culturels, etc. Toutes activités qui concernent bien sûr les personnels de direction à la fois pour l’organisation et pour la saisie, mais qui ne sont pas prises en compte pour eux.

A côté de cette gestion perfectible des moyens, les personnels de direction, accablés de charges supplémentaires, voient leur rémunération bloquée pour des raisons qui n’apparaissent plus que comme des prétextes. Il leur reste l’amère consolation de calculer chaque fin d’année le recul de leur rang dans l’échelle des rémunérations de leur établissement !

Un tel état de choses ne peut plus durer, et il est de plus en plus difficile de conserver notre confiance face à des interlocuteurs qui régulièrement insistent sur l’importance de nos missions mais qui refusent toute avancée sérieuse à l’égard des personnels de direction et laissent se poursuivre des dépenses inconsidérées, inutiles et inéquitables.

Comment espérer que les chefs d’établissements et leurs adjoints pourront continuer de susciter l’intérêt de leurs jeunes collègues pour une carrière dont ils peuvent, par un simple calcul arithmétique, mesurer les blocages ?

Les personnels de direction se soumettent depuis plusieurs années au « travailler plus ». A quand le « gagner plus » ?

Je vous prie d’agréer, Madame la directrice générale, l’expression de ma respectueuse considération.

Richard WACH Secrétaire Général

Au sujet des punitions scolaires

28 juin 2011

Monsieur le Ministre,

Un décret publié sous votre autorité modifie le régime des punitions scolaires en y ajoutant la notion de travail de responsabilisation, concept censé limiter l’exclusion temporaire des élèves précédemment utilisée pour mettre provisoirement hors d’état de nuire ceux qui portaient atteinte à la sérénité et la sécurité des classes.

Cette pratique était déjà mise en oeuvre dans de nombreux établissements, et apportait un palliatif utile à la gamme des sanctions appliquées.

impasseIl apparaît cependant que les conditions que vous évoquez pour leur mise en oeuvre ne sont guère de nature à soulager les chefs d’établissement dans leur mission de maintien de l’ordre scolaire : la mise en place d’une commission éducative, la nécessité de l’accord du mineur et de ses parents, la limite à 20h de la durée de ces travaux, la nature des organismes censés « bénéficier » de ce qui ne sont que des travaux d’intérêt général rebaptisés, l’obligation d’une convention préalable sont autant de freins à l’introduction de ces nouvelles mesures : il ne faudra pas s’étonner que les chefs d’établissement, dont l’autorité et les pouvoirs disciplinaires ne sortent en rien renforcés de cette modification, continuent de lui préférer des exclusions temporaires qui ont le mérite de sortir l’élève posant problème des murs de l’établissement.

Si de telles mesures peuvent se comprendre et s’appliquer pour des fautes liées aux fautes scolaires proprement dites, comment croire qu’elles auront le moindre impact en matière de violence, de drogue, de fraude, d’absentéisme ou d’irrespect des personnels. Dans ces conditions, il y a fort à craindre de ceci n’apparaisse que comme une nouvelle reculade devant l’avancée du concept d’élève-roi.

Il convient d’ajouter que les dotations en AED de nos établissements, amputés cette année, ne nous permettront pas de gérer raisonnablement ces situations, et que la date de commande aux imprimeries de nos règlements intérieurs étant dépassée, il sera difficile de procéder à leur mise à jour.

Nous souhaiterions que des textes précis et adaptés à la réalité des situations parfois très difficiles vécues dans nombre d’établissements viennent renforcer notre autorité et la sécurité de l’ensemble des élèves et du personnel, et non ajouter un nouveau prétexte pédagogique et une nouvelle commission qui risquent de compliquer notre action.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mon profond respect.

Richard WACH