Monsieur le Ministre,
Un décret publié sous votre autorité modifie le régime des punitions scolaires en y ajoutant la notion de travail de responsabilisation, concept censé limiter l’exclusion temporaire des élèves précédemment utilisée pour mettre provisoirement hors d’état de nuire ceux qui portaient atteinte à la sérénité et la sécurité des classes.
Cette pratique était déjà mise en oeuvre dans de nombreux établissements, et apportait un palliatif utile à la gamme des sanctions appliquées.
Il apparaît cependant que les conditions que vous évoquez pour leur mise en oeuvre ne sont guère de nature à soulager les chefs d’établissement dans leur mission de maintien de l’ordre scolaire : la mise en place d’une commission éducative, la nécessité de l’accord du mineur et de ses parents, la limite à 20h de la durée de ces travaux, la nature des organismes censés « bénéficier » de ce qui ne sont que des travaux d’intérêt général rebaptisés, l’obligation d’une convention préalable sont autant de freins à l’introduction de ces nouvelles mesures : il ne faudra pas s’étonner que les chefs d’établissement, dont l’autorité et les pouvoirs disciplinaires ne sortent en rien renforcés de cette modification, continuent de lui préférer des exclusions temporaires qui ont le mérite de sortir l’élève posant problème des murs de l’établissement.
Si de telles mesures peuvent se comprendre et s’appliquer pour des fautes liées aux fautes scolaires proprement dites, comment croire qu’elles auront le moindre impact en matière de violence, de drogue, de fraude, d’absentéisme ou d’irrespect des personnels. Dans ces conditions, il y a fort à craindre de ceci n’apparaisse que comme une nouvelle reculade devant l’avancée du concept d’élève-roi.
Il convient d’ajouter que les dotations en AED de nos établissements, amputés cette année, ne nous permettront pas de gérer raisonnablement ces situations, et que la date de commande aux imprimeries de nos règlements intérieurs étant dépassée, il sera difficile de procéder à leur mise à jour.
Nous souhaiterions que des textes précis et adaptés à la réalité des situations parfois très difficiles vécues dans nombre d’établissements viennent renforcer notre autorité et la sécurité de l’ensemble des élèves et du personnel, et non ajouter un nouveau prétexte pédagogique et une nouvelle commission qui risquent de compliquer notre action.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mon profond respect.
Richard WACH

Il me paraît nécessaire de vous apporter des éléments d’information sur le communiqué élaboré en commun avec des syndicats ou fédérations avec lesquelles i.D. ne partage pas habituellement les mêmes analyses ou positions : voilà une preuve supplémentaire de notre indépendance !
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